La Maison des Enfants
Apprendre en Solidarité à Buzet, BE
Petite causerie pédagogique
Categories: causerie

Petite causerie pédagogique.

Aujourd’hui, la débrouillardise.

Depuis l’aube de son existence, l’Ecole a eu pour mission d’instruire. Plus récemment, le débat s’est élargi à la possibilité, voire l’obligation, que l’école avait d’assumer deux tâches distinctes : instruire et éduquer. C’est sur cette base que le discours au sujet de l’abandon du rôle éducatif des parents s’appuie. La vision dichotomique traditionnelle est : l’enfant à la maison, l’élève à l’école.

Triste conception qui provoque des drames plus nombreux qu’on ne le pense. En effet, comment un enfant pourrait-il endosser uniquement un statut d’élève en oubliant tout le reste ? Là n’est pas le propos, et pourtant son origine s’y trouve. Comment allier les deux perspectives sans tomber dans des travers fâcheux ? Notre réponse a été d’offrir aux enfants la possibilité de se « débrouiller ». En 1549, cela voulait dire « rendre intelligible à l’esprit ce qui est embrouillé ». En 1822  « se tirer d’affaire, voir clair dans quelque chose » (Michelet, Mémorial, p. 191). En 2012, à la Maison des Enfants, cela veut dire « Etre élève pour construire des savoirs scolaires et culturels ; rester enfant pour investir la vie et le monde et tenter de les comprendre ». Je pense en effet que la débrouillardise est une qualité qu’il faut, entre autres, particulièrement développer à l’école. Les enfants aiment se débrouiller pour comprendre : « donne-nous des fractions avec des « plus » et des « fois » pour comprendre la différence », « Je prends des jetons pour compter », « Il n’y a plus d’orange, j’en fait avec du rouge et du jaune ».

Ils aiment aussi se débrouiller pour faire aboutir des projets qui leur tiennent à coeur : l’un organise une audition pour une pièce de théâtre, l’autre écrit qu’il a perdu son pull et le recherche, comme les grosses balles sont interdites, on joue au foot avec une balle de tennis, je copie la consigne sur un bout de papier avant d’aller chercher dans un autre local (ben oui, il n’y a pas assez de place pour tout le monde), j’organise le prêt des cartes à jouer et des livres de la bibliothèque, je vérifie avant  d’aller aux toilettes qu’il y a encore du papier….

Les exemples sont multiples, variés et tous plus surprenants les uns que les autres. Dès le plus jeune âge, quand on le leur permet, les enfants sont capables de se « débrouiller » pour entrer dans la vie. L’école doit constater ce fait, en profiter et valoriser chez tous cette qualité. Car, admettons-le, pour vivre à plus de huit milliards sur cette terre, ne plus reproduire Fukushima, remettre la neige sur le Kilimandjaro, partager l’eau douce et les ressources alimentaires, accorder sans faute les participe-passés, c’est bien, mais être débrouillard, c’est bien aussi !

A méditer

JF Manil

 

Share
Tags:

Leave a Reply